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MIQETS

Le maître échanson n’oublia pas Joseph; il tarda seulement à s’en souvenir. Joseph fit les frais de ce retard pour n’avoir pas compté exclusivement sur Dieu. Et s’il ne s’agissait pas d’un récit biblique, dans lequel nous devons voir la main divine, le lecteur aurait été captivé par la merveilleuse histoire, écrite avec toutes les astuces littéraires et un art consommé du roman, d’un esclave juif hissé au sommet de la gloire et qui se venge de ses frères en leur faisant subir toutes sortes de facéties. Heureusement pour nous, il ne s’agit pas d’un roman, mais d’un événement traversé par le souffle divin. Joseph est un instrument de la Providence; son histoire montre que c’est Dieu qui «élève et qui abaisse», «qui relève le malheureux de la poussière», qui «enrichit et appauvrit» (I Sam. 27.8) L’heure de Joseph a sonné, celle du salut d’Israël aussi.
Il ne suffit pas de rêver pour être prophète; il faut aussi être apte à comprendre le message divin. Joseph était dans ce domaine, un vrai spécialiste. L’expression «ba’al ha’halomot», qui semblait un peu péjorative dans la bouche de ses frères, (37.19) contient aussi ce sens de spécialiste des rêves. Joseph sait qu’il n’est que le porte-parole de Dieu, la bouche par laquelle il parle; c’est là sa force. Quand le Pharaon rapporte à son intention, en déformant quelque peu la réalité pour le mettre à l’épreuve, son double rêve, Joseph en livre la bonne et unique interprétation, sans hésitation, en évoquant l’inspiration divine: «Dieu répond de la paix de Pharaon.» (41.16) Devant ses magiciens, ses prêtres et ses sorciers médusés, Pharaon, probablement de la dynastie des Hyksos, élève Joseph à la dignité de vice-roi d’Egypte. Il lui remet son propre sceau royal, pare son cou du «collier d’or», insigne du pouvoir et le fait défiler en carrosse dans les rues de Tanis, la capitale. Nous sommes en 2229 de la Création (- 1534). Il lui donne un nouveau nom, Tsafnat Pa’anéah’, marquant son changement de condition et une princesse de haut rang, Asnat, pour l’ennoblir. Joseph n’a que trente ans.
Sans perdre de temps, il se met au travail; faisant preuve d’un talent d’administrateur hors pair, il fait des réserves de céréales, «nombreuses comme le sable de la mer», «incalculables», réparties dans toutes les grandes villes, dans d’immenses silos de terre afin d’en assurer la conservation.
Quand surviennent les 7 années de famine, Joseph impose ses prix à tous les acquéreurs, affluant de tous les pays environnant, parmi lesquels, justement, ses propres frères, envoyés par Jacob du pays de Canaan…
… Suite dans le livre : «Perouch Katan»
Extrait de « Perouch Katan – BERECHIT» « Le Petit Commentaire – BERECHIT » du rabbin Claude Brahami : La Tora en 5 volumes comprenant le texte hébreu, la traduction, Targoum Onquélos, Rachi et sa traduction ainsi qu’un commentaire verset par verset, les aftarot et les 5 meguilot.

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