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CHEMINI

Quiconque est au fait de l’enseignement oral doit se douter, dès le premier mot de cette paracha, qu’un malheur menace : ויהי; les deux premières lettres de ce mot sont interprétées comme le cri d’une douleur anticipée: vay! Et en effet, comme partout où ce mot ouvre un récit, le malheur se profile ; ici, il frappe deux des quatre fils de Aaron, (Nadab et Abihou), et endeuille non seulement une famille, mais tout le peuple au moment de l’inauguration du michkan, sommet culminant de l’alliance avec Dieu, instant unique de félicité collective où Dieu honore son peuple bien-aimé par sa présence rayonnante. Le huitième jour de l’inauguration du michkan, à roch h’odech nissan, des expiatoires, des holocaustes et des pacifiques sont offerts par les cohanim et le peuple, accompagnés d’une oblation. Le cérémonial des sacrifices se fait en grande pompe, dans l’allégresse générale. Le sang est aspergé, les graisses fumées et l’oblation brûlée sur l’autel ; puis les poitrines et la cuisse droite des pacifiques sont “balancées” par Aaron dans la tente du Rendez-vous: il consacre à Dieu ses pensées et sa volonté (la poitrine) ainsi que toutes ses forces physiques (la cuisse) (S.R. Hirsch). Et pour la première fois Aaron élève ses mains pour bénir le peuple d’une manière qui se répétera dans toutes les générations qui suivront, et qu’on nommera birkat cohanim. Enfin, les deux frères apparaissent ensemble hors du sanctuaire et ensemble ils bénissent la nation. Le moment tant attendu arrive alors : “la gloire de l’Eternel apparaît à tout le peuple”. Cette Présence se manifeste concrètement par le jaillissement d’un feu céleste qui accélère la combustion de l’holocauste et des graisses en signe d’agrément. A ce prodigieux spectacle, le peuple éclate de joie et se prosterne à terre. Le feu humain est approuvé par le feu divin ; l’harmonie est totale, la communion parfaite !

… Suite dans le livre : «Perouch Katan»

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